Taikhar Chuluu est un bloc de granit isolé de 18 mètres de haut, posé dans la plaine de la rivière Khoit Tamir. Il porte plus de 150 pétroglyphes et inscriptions, dans une dizaine d’écritures différentes. C’est un arrêt d’une demi-heure sur la route, pas une destination qui justifie à elle seule un détour de plusieurs jours.
Le rocher se dresse dans le sum d’Ikh-Tamir, à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Tsetserleg, capitale de l’Arkhangai : on sort par la route d’Ikh-Tamir et de Tariat, pas par le nord. Tsetserleg est à environ 520 km d’Oulan-Bator. Un bus quotidien part vers 8 h du terminal Dragon, le seul concerné parmi les gares routières d’Oulan-Bator : billet à prendre la veille, au moins dix heures sur bitume. Vérifiez horaire et terminal avant de partir, ils bougent.
De Tsetserleg au rocher, aucune ligne régulière : 30 à 45 minutes de taxi. La route d’Ikh-Tamir est goudronnée, un taxi ordinaire suffit ; un 4x4 avec chauffeur ne se justifie que pour la suite du voyage. Seul le dernier accès au rocher est en terre, boueux après de fortes pluies.
Un lutteur — un lama dans d’autres récits — aurait rapporté cette pierre d’une montagne voisine pour écraser un serpent géant. La tradition locale veut qu’on éprouve sa force en lançant un caillou par-dessus le bloc. Le site reste un lieu de dévotion : vous y verrez des offrandes et des ovoo. Traitez-le comme tel.
Les chercheurs y ont relevé plus de 150 gravures et inscriptions confondues : vieux-turc, sogdien, ouïgour, mongol classique, phags-pa, tibétain, lantsa, mandchou, oïrate et chinois. La majorité est en écriture mongole. L’ensemble ancien s’échelonne du VIIe au IXe siècle ; les textes vieux-turcs, du VIIIe siècle sous le khaganat ouïgour, ont conservé leur encre rouge et noire, ce qui est rare. Protégé depuis 1994, le rocher figure depuis 2020 au patrimoine culturel immobilier mongol.
Soyez prévenu : des graffitis modernes recouvrent une partie de la paroi. Sans lecture préalable, vous ne verrez qu’un mur griffonné. Les stèles turques de Khoshoo Tsaidam sont nettement plus lisibles.
Trente à quarante-cinq minutes suffisent pour faire le tour du bloc et monter sur les rochers voisins. La bonne période va de juin à septembre ; hors saison, la route passe mais il n’y a rien à faire sur place.
Ordres de grandeur à confirmer : le taxi se négocie autour de 2 000 tögrög le kilomètre, soit environ 100 000 tögrög l’aller-retour avec l’attente ; 90 000 à 110 000 tögrög la chambre d’hôtel à Tsetserleg, moitié moins en guesthouse. Fixez le prix avant de monter. Prévoyez des espèces : un droit d’entrée ou de stationnement peut être demandé. Deux camps de yourtes sont installés à côté du rocher ; dormir à Tsetserleg revient moins cher. Ces prix bougent vite.
Le musée provincial de Tsetserleg conserve la stèle de Bugut, gravée vers 584 et retrouvée en 1956 dans ce même sum d’Ikh-Tamir : sogdien sur trois faces, brahmi sur la quatrième. Elle en apprend plus que le rocher lui-même. Au sud, les sources chaudes de Tsenkher ; à l’ouest, le volcan Khorgo et le lac Terkhiin Tsagaan ; au sud-est, Kharkhorin. Taikhar Chuluu s’insère bien sur cet axe, mais ne construisez pas l’itinéraire autour de lui.
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