Les erreurs fréquentes dans la vallée de l’Orkhon

La vallée de l’Orkhon déçoit rarement par elle-même. Elle déçoit par ce qu’on y attendait. Voici les regrets qui reviennent le plus souvent au retour, et ce qu’il fallait décider avant de partir.

Croire qu’il reste quelque chose de Karakorum

C’est la déconvenue numéro un. De la capitale impériale du XIIIe siècle, il ne subsiste qu’un champ d’herbe, des fondations fouillées et des tortues de pierre. Les bâtisseurs d’Erdene Zuu, à partir de 1585, ont réemployé les pierres de la ville : ce qui manque au sol est dans le mur du monastère. Commencez donc par le musée de Kharkhorin, avec sa maquette et ses objets de fouille : c’est lui qui rend le terrain lisible. Lire l’histoire de Karakorum avant le départ change la visite.

Faire l’aller-retour depuis Oulan-Bator en un jour

Environ 360 kilomètres de route goudronnée, cinq à huit heures dans un sens (y aller). Dix à seize heures de voiture pour deux heures sur place : le calcul ne tient pas. Kharkhorin ne figure pas parmi les vraies excursions à la journée. Deux nuits sont le minimum honnête, quatre à cinq pour la vallée haute : voir combien de jours prévoir et où dormir.

Rater Tovkhon faute de véhicule adapté

L’ermitage de Tovkhon, fondé en 1648 par Zanabazar, se perche vers 2 600 mètres, à environ 47 kilomètres au sud-ouest de Kharkhorin, uniquement par piste : deux à trois heures. Une berline n’y va pas, un vieux minibus non plus. Beaucoup s’arrêtent au parking bas et renoncent : il reste alors 2,5 km de sentier raide, 45 minutes à une heure de montée, glissant après la pluie. Demandez par écrit à l’agence si le véhicule monte la piste sommitale, et prévoyez des chaussures fermées (4x4 avec chauffeur).

Venir hors saison

La fenêtre utile va de juin à septembre. Tovkhon, plus haut, ouvre plus tard et ferme plus tôt, sans date fixe : faites confirmer la piste. Hors saison, une partie des camps de yourtes est démontée et des cantines de Kharkhorin baissent le rideau. Même en saison, les chambres sont froides début septembre : le chauffage urbain ne repart généralement qu’à la mi-septembre (quand partir).

Traverser la vallée pour des chutes à sec

Les chutes de l’Orkhon tombent d’une vingtaine de mètres — 20 à 24 selon les sources — dans une gorge creusée dans d’anciennes coulées volcaniques. Le débit dépend des pluies : fin juillet et août sont les plus sûrs. En juin, ou après un été sec, il peut ne rester qu’un filet au bout de quatre à cinq heures de piste depuis Kharkhorin. Téléphonez au camp la veille et demandez l’état de l’eau.

Trois derniers regrets

  • Partir sans espèces : comptez 70 à 110 euros par jour de 4x4 avec chauffeur, carburant en plus, et 25 à 100 euros la nuit en camp, repas compris, à reconfirmer. Le dernier distributeur fiable est à Kharkhorin, les plafonds par opération sont bas et la carte ne passe presque nulle part ensuite (argent et paiement).
  • Mesurer les pistes en kilomètres et non en heures, puis annoncer au chauffeur un programme impossible.
  • Ajouter les stèles de Khoshoo Tsaidam sans savoir ce qu’on y voit : les stèles d’origine restent sur place, sous abri ; seule la tête sculptée de Kul Tegin est au musée national. Une demi-journée de piste, à réserver aux passionnés.

À lire ensuite : la vallée classée à l’UNESCO · le monastère de Shankh · plan du site

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