Le Bayan-Ölgii, à l’extrême ouest, est le seul aimag à majorité kazakhe : environ 90 % de ses habitants. Le textile y sert encore à meubler les maisons, pas seulement à vendre. Savoir ce qu’on regarde change tout au moment d’acheter.
Le syrmak est un tapis de feutre en mosaïque : les motifs sont découpés, échangés, puis recousus. Le tekemet, plus rustique, a son décor incorporé au feutre pendant le foulage ; les contours y restent flous. Le tuskiiz n’est pas un tapis : c’est une tenture brodée, accrochée derrière le lit dans la yourte et offerte lors d’un mariage. Trois fabrications, trois prix. Ne payez pas un tekemet au tarif d’un syrmak.
La laine est tondue, nettoyée, battue avec des baguettes de bois, puis foulée à plusieurs sur une natte. Pour le syrmak, deux plaques de feutre teint sont superposées, le dessin tracé au charbon ou au savon, puis coupé d’un seul geste à travers les deux couches. On permute les pièces et on les recoud : il sort deux tapis jumeaux, l’un positif, l’autre négatif. Le tuskiiz, lui, se brode au crochet fin, en point de chaînette ; comptez six mois à un an pour une pièce moyenne. Les filles s’y forment vers neuf ans.
Le motif dominant est le koshkar muyiz, la corne de bélier, signe de force et de prospérité. Autour : losanges, spirales, entrelacs végétaux, lus comme des idées de continuité et de cycle. Ce vocabulaire vient de l’élevage et se retrouve sur le costume, les selles, les coffres. Les musées d’aimag en exposent de bons exemples anciens : une demi-heure sur place et l’œil se forme.
Le bazar central d’Ölgii vend des tapis de feutre, mais le choix y est étroit et souvent quelconque. Les belles pièces restent dans les ateliers familiaux : demandez à votre hébergement ou à un guide, notamment pendant un séjour chez une famille kazakhe. À Oulan-Bator, quelques boutiques et le marché Narantuul en proposent, plus cher et pas toujours d’origine mongole. Ordre de grandeur : autour de 250 dollars pour un syrmak en boutique à Oulan-Bator, dimensions à vérifier, nettement moins chez celle qui l’a cousu. Prévoyez des tugriks en espèces, la carte passe mal hors du chef-lieu. Le marchandage a cours au bazar, pas dans un atelier familial.
Acheter pendant le festival de l’aigle, quand la demande fait monter les prix. Prendre pour du fait main une chaînette de machine : retournez la pièce, des boucles trop régulières et un fil de canette trahissent l’atelier mécanique. Confondre feutre de laine et feutre acrylique : la laine est lourde, un peu grasse, elle sent le mouton. Pensez enfin au volume : un tapis roulé mange un sac, et l’envoi postal depuis la Mongolie demande de la patience.
La loi mongole sur la protection du patrimoine culturel, adoptée le 15 mai 2014, interdit de faire franchir la frontière à un bien culturel mobilier sans autorisation de l’administration centrale chargée de la culture. Une tenture de famille des années 1960 n’est en général pas classée, mais la douane peut poser la question à l’aéroport. Faites établir une facture indiquant l’année de fabrication et les matériaux ; les boutiques sérieuses la fournissent. Devant une pièce vraiment vieille et sans papier, renoncez. Pour les fossiles, c’est non, sans discussion.
Pour préparer la région : le Bayan-Ölgii, combien de jours dans l’Ouest, aller à Ölgii et l’artisanat et les souvenirs en Mongolie.
Introduction à la langue mongole — la seule méthode de mongol écrite pour les francophones : 17 leçons, 348 pages en PDF, 2 h d’audio MP3 et un dictionnaire français-mongol. Téléchargement immédiat.
Télécharger la méthode →Paiement sécurisé · lien de téléchargement par courriel · sans abonnement