C’est la question qu’on n’ose pas poser à l’agence. Le confort sanitaire ne dépend pas du prix du circuit, mais de l’endroit où vous dormez.
Les camps de yourtes touristiques ont le plus souvent un bloc sanitaire en dur, partagé, avec douche chaude. La chasse d’eau n’est pas garantie : dans le Gobi et l’ouest, ce sont souvent des toilettes sèches. Les familles d’éleveurs et les séjours chez l’habitant n’ont, au mieux, qu’une latrine sèche — une fosse, deux planches, une cabane sans loquet — et, l’été, souvent rien. Entre les deux, la piste, où il n’y a rien. Un itinéraire ordinaire vous fait passer par les trois en deux jours.
Il est souvent à cinquante ou cent mètres de votre yourte, ce qui compte à trois heures du matin. L’eau chaude vient d’un chauffe-eau ou de panneaux solaires et n’est ouverte que sur des plages horaires : demandez-les en arrivant, pas au moment du dîner. Dans le Gobi, l’eau vient d’un forage ou d’un camion-citerne, et elle se compte : la douche courte n’est pas une politesse mais une contrainte, détaillée sur l’eau et le ravitaillement dans le Gobi. La plupart des camps ferment hors saison ; dans les rares ouverts en hiver, le bloc est souvent hors service : seule reste la latrine extérieure, par grand froid.
Les cantines de bord de route, les гуанз (guanz), ont presque toujours une latrine derrière le bâtiment : pas de porte qui ferme, pas de papier, sol souvent sale. Les stations-service récentes et les supermarchés des chefs-lieux d’aimag sont nettement plus propres. Arrêtez-vous quand l’occasion se présente.
Ni aire de repos, ni arbre. Le chauffeur s’arrête, les hommes vont d’un côté du véhicule, les femmes de l’autre, et personne ne regarde. Éloignez-vous d’au moins cent mètres de toute rivière, source ou lac. Évitez les abords d’un ovoo, d’une tombe ou d’un puits : c’est l’un des rares gestes qui choquent vraiment, comme le rappellent les tabous locaux. Dans les aires protégées et sur les rives du Khövsgöl, la règle durcit : aucun savon dans l’eau.
Dans un climat sec et froid, le papier se dégrade lentement et les lingettes pas du tout. Ne brûlez pas le papier : en steppe, les feux partent souvent d’une imprudence humaine. Rapportez-le dans un sachet zippé. Protections hygiéniques et lingettes se rapportent toujours. Les abords des sites connus sont déjà abîmés : c’est le point le plus concret du tourisme responsable ici.
Comptez une vraie douche tous les deux ou trois jours en 4x4, plus rarement en trek. Entre-temps, un gant, une bouteille d’eau tiède et une serviette microfibre suffisent. Dans les chefs-lieux d’aimag, cherchez l’enseigne халуун ус (khaluun us, « eau chaude ») : ce sont des bains publics où l’on paie quelques milliers de tugriks la douche. Le prix bouge, vérifiez sur place.
Le reste figure dans quoi emporter. Sur les portes, vous lirez жорлон (jorlon, toilettes), Эрэгтэй (eregtei, hommes), Эмэгтэй (emegtei, femmes), et parfois seulement « WC » ou un pictogramme. Déchiffrer le cyrillique sert d’abord à cela.
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