La Mongolie est l’une des destinations d’Asie les plus simples pour une femme qui part seule. Le harcèlement de rue y est rare et l’hospitalité des familles d’éleveurs n’est pas un argument de brochure. Mais les agressions sexuelles signalées aux ambassades impliquent le plus souvent quelqu’un que la voyageuse connaissait : un guide, un employé de camp ou de monastère.
Le récit dominant est plat : il ne se passe rien. Les gens sont curieux, parfois insistants pour vous faire manger, rarement entreprenants. Deux réserves reviennent : les hommes ivres, plus pénibles que dangereux, surtout le soir en ville ; et quelques guides masculins devenus trop familiers après plusieurs jours de tête-à-tête dans un 4x4. Le problème n’est pas le pays, c’est le huis clos.
Presque tout se joue dans la capitale. Les vols à la tire se concentrent sur le marché Narantuul, la gare centrale et la place Sukhbaatar, surtout pendant le Naadam et le Tsagaan Sar. Certains quartiers se traversent bien le jour et mal la nuit. Pour rentrer, commandez un taxi par application plutôt que de monter dans une voiture arrêtée au bord du trottoir : comptez environ 1 000 à 2 000 tugriks le kilomètre.
On vous offrira de la vodka, et du lait de jument fermenté. Refuser ne vexe personne si la forme est respectée : prendre le bol de la main droite, tremper les lèvres, reposer (les coutumes à connaître). L’airag titre 1 à 2 % en début d’été et monte ensuite : le risque est intestinal, pas l’ivresse. Si vous sortez le soir, ne laissez pas votre verre sans surveillance et ne rentrez pas à pied.
Vous allez passer cinq à dix jours enfermée avec deux inconnus. Passez par une agence enregistrée plutôt que par un chauffeur croisé dans un couloir d’auberge, et demandez une guide femme : peu le proposent spontanément, beaucoup acceptent. Vérifiez qui dort où : chauffeur et guide logent normalement à part. Mieux encore, partagez le véhicule avec deux ou trois autres voyageurs : le coût baisse et le huis clos disparaît. Les auberges forment ces groupes en un ou deux jours en haute saison. Dans les monastères aussi, restez à plusieurs.
Plusieurs guesthouses d’Oulan-Bator sont tenues par des femmes et ont des dortoirs féminins, autour de 7 à 10 € le lit. Les camps de yourtes vont de 15 € en version basique à 100 € avec sanitaires privés, et la plupart ferment hors saison. Chez l’habitant, on dort dans la yourte familiale, tout le monde côte à côte : aucune intimité, mais c’est le cadre le plus sûr du voyage.
Partez de juin à début septembre. Un circuit de cinq jours dans le Gobi partagé à cinq revient souvent à 350 ou 450 € par personne ; un 4x4 privé avec chauffeur se loue plutôt 120 à 220 € par jour, guide en plus. Une pénurie de carburant perturbe les circuits depuis l’été 2026 : vérifiez prix et ravitaillement avec l’agence. Prenez une assurance avec rapatriement : les distances sont énormes et les hôpitaux de province limités. Notez les numéros d’urgence, police 102 et ambulance 103. Laissez votre itinéraire à quelqu’un : vous serez hors réseau plusieurs jours.
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