La Mongolie avant Gengis Khan : les premiers habitants

La steppe n’a pas attendu Gengis Khan pour s’organiser. Quand Temudjin naît au XIIe siècle, l’Orkhon a déjà abrité plusieurs capitales et l’écriture y circule depuis plus de quatre cents ans.

Douze mille ans gravés dans la roche

Les complexes pétroglyphiques de l’Altaï mongol sont inscrits au patrimoine mondial depuis 2011 : l’UNESCO y retient 12 000 ans de gravures. Trois zones dans la province de Bayan-Olgii : Tsagaan Salaa–Baga Oigor, le haut Tsagaan Gol et Aral Tolgoi. Les plus anciennes montrent des chasseurs en forêt, les suivantes des troupeaux, les dernières des cavaliers.

Pierres à cerfs et kourganes

Les pierres à cerfs sont des stèles de l’âge du bronze final, datées pour l’essentiel entre 1200 et 600 avant notre ère. Environ 1 500 ont été recensées dans la steppe eurasienne, dont plus de 80 % en Mongolie. Elles voisinent avec des khirigsuur, tertres funéraires entourés d’un enclos de pierres. Quatre ensembles, dont Uushigiin Ovor, sont entrés au patrimoine mondial en 2023.

Xiongnu, premier empire des steppes

En 209 avant notre ère, Modu unifie les tribus et fonde la confédération xiongnu, première grande puissance nomade face à la Chine des Han. Ses élites reposent sous de vastes tombes à chambre de bois, où le gel a conservé textiles et laques : la steppe commerçait déjà très loin.

Quand la steppe se met à écrire

Le premier khaganat turc est fondé en 552. Deux siècles plus tard, ses successeurs font graver dans le centre du pays les stèles dites inscriptions de l’Orkhon : celle de Kul Tegin en 732, celle de Bilge Khagan en 735. Ces stèles comptent parmi les plus anciens textes connus en langue turque. L’alphabet, dit runique, a été déchiffré en 1893. Le récit, à la première personne, adresse des reproches au peuple.

Des villes avant Karakorum

Le khaganat ouigour (744–840) élève dans la même vallée une capitale de terre, Kharbalgas. Les Kitans, dont la dynastie Liao dure jusqu’en 1125, laissent ensuite des villes fortifiées le long de l’Orkhon et de la Kherlen. Karakorum s’installe donc dans un paysage déjà urbanisé.

Ce qu’on peut voir aujourd’hui

Uushigiin Ovor est le site de pierres à cerfs le plus accessible : 18 km à l’ouest de Moron, une quinzaine de stèles debout, à l’opposé de la route du lac Khovsgol. Les pétroglyphes de l’Altaï demandent bien plus : départ d’Olgii, véhicule tout-terrain, guide local indispensable. Le haut Tsagaan Gol et Aral Tolgoi sont en zone frontière : permis du parc et permis frontalier, à prévoir à l’avance avec votre agence.

Le musée de Khushuu Tsaidam, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Kharkhorin, abrite les stèles turques ; des copies marquent leur emplacement d’origine. Kharkhorin est la base la plus proche. De Kharbalgas, une trentaine de kilomètres au nord de la ville, il ne reste que des remparts de terre et une tour.

Noyon Uul, au nord d’Oulan-Bator, ne se visite guère : les tombes xiongnu ne sont plus que des creux en forêt et l’essentiel des pièces fouillées en 1924–1925 est parti à l’Ermitage. Commencez par le Musée national de Mongolie, près de la place Sukhbaatar, dont les premières salles couvrent la préhistoire, les Xiongnu et les Turcs. Ces sites s’atteignent par la piste : prévoyez-les entre fin mai et début septembre.

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