C’est l’un des grands trajets ferroviaires du monde : 7 621 km entre Moscou et Oulan-Bator, cinq à six jours de train selon le convoi. Le Transmongolien emprunte la ligne du Transsibérien jusqu’à Oulan-Oudé, en Bouriatie, puis bifurque vers le sud pour franchir la frontière mongole.
Ce n’est pas un moyen de transport : c’est une partie du voyage. Voici ce qu’il faut savoir avant de s’engager.
C’est lui qui commande votre calendrier, pas le visa mongol. Les Français entrent en Mongolie sans visa ; pour traverser la Russie, il faut en obtenir un, avec des délais et des pièces à anticiper plusieurs semaines à l’avance. Si vous prévoyez des escales, votre visa doit couvrir toute la durée du séjour russe, pas seulement le transit.
Vérifiez les conditions en vigueur et la situation du pays sur la fiche Russie de France Diplomatie avant d’engager la moindre réservation. Voir aussi les formalités pour la Mongolie.
Voici l’erreur que commettent presque tous les voyageurs au premier voyage : sur le réseau ferroviaire russe, les billets et les horaires affichés en gare sont à l’heure de Moscou, pas à l’heure locale.
Or le trajet traverse plusieurs fuseaux horaires. À Irkoutsk, il y a cinq heures d’écart avec Moscou. Un train annoncé à 14 h partira donc à 19 h à votre montre. Gardez en permanence deux heures en tête : l’heure de Moscou pour les trains, l’heure locale pour tout le reste.
Beaucoup de voyageurs veulent couper le trajet — et c’est une bonne idée. Mais attention : sur cette ligne, les trains ne circulent souvent que tous les deux jours. Une escale de moins de 48 heures est donc rarement possible : vous restez soit une nuit de trop, soit deux jours pleins.
Les arrêts les plus courants : Kazan, Iekaterinbourg, Krasnoïarsk, Irkoutsk (pour le lac Baïkal) et Oulan-Oudé, capitale de la Bouriatie, où vivent des Mongols bouriates. Chaque escale exige un billet séparé.
Sur six jours, le choix de classe compte moins que le choix des voisins : beaucoup de voyageurs expérimentés préfèrent le platskart précisément pour cela.
Un billet coûte systématiquement plus cher dès qu’il traverse une frontière. D’où la méthode des voyageurs au long cours : prendre un train russe jusqu’à Naushki (Наушки), franchir la frontière, puis reprendre un train mongol depuis Sükhbaatar (Сүхбаатар) jusqu’à Oulan-Bator.
Le tarif cumulé est nettement inférieur au billet direct. En contrepartie : plus de temps, et il faut assumer un passage de frontière par ses propres moyens.
Comptez plusieurs heures d’arrêt, souvent en pleine nuit, entre les formalités russes et mongoles. Les passeports sont collectés puis rendus. Les toilettes du train sont verrouillées pendant les contrôles en gare : anticipez. Ayez vos documents accessibles et ne rangez rien au fond de votre sac.
Faire Moscou → Oulan-Bator vous fait passer progressivement de la forêt sibérienne à la steppe mongole : le dépaysement se construit. Dans l’autre sens, vous arrivez en Mongolie par avion et repartez en train, ce qui permet de commencer par le pays et de finir par la traversée. Les deux se défendent ; le premier est plus progressif.
Si votre itinéraire continue vers le sud, sachez que Oulan-Bator–Pékin se fait en une trentaine d’heures.
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